La Demeure du Passage : Acte 4, scène 6
Dans un des recoins sombres de la salle des Festivités, Héfène réfléchissait. Elle avait laissé quartier libre aux combattants afin de diminuer la tension survenue lors de leur arrivée. Quelques gémissements parvenaient à ses oreilles, lui indiquant que des ébats sexuels se déroulaient dans les chambres. Son favori n’y participait pas, préférant l’attendre sur sa couche dans l’espoir d’une hypothétique copulation.
Qu’il se ronge les bourses, pensa-t-elle, amusée. Les fruits mûrs, gorgés de leur substance n’en sont que meilleurs.
Dehors, les femelles des étrangers allaient et venaient ; elles intriguaient Héfène car elles émettaient une aura importante, une puissance latente qu’elle n’arrivait pas à percer.
Comme celle de mes jeunes recrues dès leur entrée dans l’Ecole de Guerre, se dit-elle. C’est étrange. Un détail, concernant les étrangers, lui échappait. Un mauvais pressentiment lui tiraillait l’esprit. Pour la première fois depuis le début de sa mission, elle doutait. Elle et ses soldats devaient être encore plus discrets à présent. Héfène sentait le danger proche et pestait de ne pas pouvoir le cerner. Elle chassa ses angoisses en se disant qu’elle résoudrait à temps tout cela.
Elle souriait en pensant à tous ses crânes qui constituaient sa collection morbide. Elle se remémora les sobriquets dont elle affublait ses trophées de guerre. Elle revoyait ses victimes pendus par les intestins ou écartelés par les quatre membres. Elle appréciait les lentes et atroces agonies où se mêlaient l’odeur du sang chaud se vidant des corps, la sueur des bourreaux excités par la jouissance de leurs actes de violence.
Se reconcentrant sur sa mission, Héfène décortiqua les étapes de leur attaque qui devait intervenir le lendemain lors du Passage du Nouveau Cycle. Il n’y aurait pas d’effusion de sang, pas de chair abîmée ou tranchée. Héfène le regrettait mais le stratagème de Langued’Oc était plus sournois, plus vicieux, terrible et dévastateur. Elle et ses soldats pourraient quand même se défouler sur ce groupe de la Demeure voisine pour assouvir leur violence sanguinaire et fêter la rechange de son peuple. Une aubaine en quelque sorte. Son regard se porta sur la sacoche contenant les Amphores de la Solution Finale. Dix fioles contenant la mort concentrée. Elaborée par les Guérisseurs de son Peuple, la Solution sera déversée dans la Source et se répandra dans toutes les chaumières de tous les Comtés alentours. Quand l’on comprendra les causes (si tentait qu’un jour on les comprenne), il sera trop tard pour des milliers et des milliers de gens. Bientôt le peuple d’Héfène serait vengé de toutes leurs souffrances.
Ses yeux se fermèrent et elle sombra dans le sommeil d’une criminelle heureuse.
Qu’il se ronge les bourses, pensa-t-elle, amusée. Les fruits mûrs, gorgés de leur substance n’en sont que meilleurs.
Dehors, les femelles des étrangers allaient et venaient ; elles intriguaient Héfène car elles émettaient une aura importante, une puissance latente qu’elle n’arrivait pas à percer.
Comme celle de mes jeunes recrues dès leur entrée dans l’Ecole de Guerre, se dit-elle. C’est étrange. Un détail, concernant les étrangers, lui échappait. Un mauvais pressentiment lui tiraillait l’esprit. Pour la première fois depuis le début de sa mission, elle doutait. Elle et ses soldats devaient être encore plus discrets à présent. Héfène sentait le danger proche et pestait de ne pas pouvoir le cerner. Elle chassa ses angoisses en se disant qu’elle résoudrait à temps tout cela.
Elle souriait en pensant à tous ses crânes qui constituaient sa collection morbide. Elle se remémora les sobriquets dont elle affublait ses trophées de guerre. Elle revoyait ses victimes pendus par les intestins ou écartelés par les quatre membres. Elle appréciait les lentes et atroces agonies où se mêlaient l’odeur du sang chaud se vidant des corps, la sueur des bourreaux excités par la jouissance de leurs actes de violence.
Se reconcentrant sur sa mission, Héfène décortiqua les étapes de leur attaque qui devait intervenir le lendemain lors du Passage du Nouveau Cycle. Il n’y aurait pas d’effusion de sang, pas de chair abîmée ou tranchée. Héfène le regrettait mais le stratagème de Langued’Oc était plus sournois, plus vicieux, terrible et dévastateur. Elle et ses soldats pourraient quand même se défouler sur ce groupe de la Demeure voisine pour assouvir leur violence sanguinaire et fêter la rechange de son peuple. Une aubaine en quelque sorte. Son regard se porta sur la sacoche contenant les Amphores de la Solution Finale. Dix fioles contenant la mort concentrée. Elaborée par les Guérisseurs de son Peuple, la Solution sera déversée dans la Source et se répandra dans toutes les chaumières de tous les Comtés alentours. Quand l’on comprendra les causes (si tentait qu’un jour on les comprenne), il sera trop tard pour des milliers et des milliers de gens. Bientôt le peuple d’Héfène serait vengé de toutes leurs souffrances.
Ses yeux se fermèrent et elle sombra dans le sommeil d’une criminelle heureuse.
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