La demeure du Passage : Acte 2, scène 4
L’origine des MDB remonte à une époque où l'oppression se répandait sans résistance. Quelques hommes se regroupèrent alors pour lutter : Pyrene, la déesse, devint leur protectrice. la Confrérie Anachronique venait de naître.
Livre I - Confrérie Anachronique
La disparition de Chod avait laissé perplexes les villageois. L'annonce s'était répandue dans toute la vallée. Odal et sa femme encaissaient le choc. Frel, en personne, était venu leur annoncer la nouvelle :
- Vous êtes les dernières personnes à l'avoir vu, avait expliqué le Haut Vénérable. Votre témoignage pourrait nous aider à expliquer ce mystère.
Idrane, les yeux rougis par les pleurs, tentait de se souvenir de la dernière journée passée avec Chod. En regardant son mari :
- Il a passé une nuit ici, parce qu'il était très énervé, dit-elle doucement.
- Enervé? Pourquoi? Après qui ou quoi en avait-il?
La vieille femme parut embarrassée. Frel s'en rendit compte :
- Tous les détails comptent. Quels qu'ils soient. Il s'agit, je vous le rappelle, de la mort d'un homme.
- Il était en colère contre lui-même, reprit Odal, car il estimait qu'il se laissait mourir et qu'il n'en avait pas le droit.
Frel fixa Idrane :
- Est-ce vrai? fit-il, sur un ton soudain féroce.
La femme répondit un oui timide.
- A-t-il dit qu'il voulait fuir le Village, rejoindre l'autre Vallée? Avait-il un plan? Voulait-il intriguer contre notre communauté ?
- Non, Haut Vénérable. Ma femme et moi étions ses amis et il ne nous cachait rien. Il se retourna vers sa femme et lui prit la main : cependant, il se peut qu'il nous ait menti. Sa vie changeait à chaque quartier de Lune ainsi que son esprit qui fuyait la réalité.
Cet homme est en train de me mentir, pensa le Haut Vénérable. Sa femme est moins bonne actrice que lui. Mais pourquoi mentent-ils ainsi au risque d’apparaître comme des traîtres? Si Chod leur a fait part de ses pensées envers moi, ils ne pourront pas me le cacher longtemps.
- Si vous n'avez plus de questions, demanda Odal, je souhaiterais rester seul avec ma femme à présent.
- J'ai encore une question à vous poser à tous les deux : avez-vous cru en se que disait Chod?
La question de Frel embarrassait le vieux couple. Leur silence agaçait le Haut Vénérable. Il reprit :
- Ecoutez-moi bien. Notre Village a toujours vécu dans une paix exemplaire. Certes, les rigueurs des hivers et le labeur quotidien nous ont courbé l'échine. Mais je ne tolérerai pas que l'on saborde notre cohésion. Chod a provoqué une crise grave, il a osé défier mon autorité devant notre Assemblée mettant ainsi en péril la survie de chacun. C'est une faute très grave. En agissant ainsi, il s'est soustrait à notre code et Pyrène en soit témoin nous avons déplu aux Dieux. D’ailleurs, tous nos maux venaient peut-être de lui et sa disparition est sûrement un message d’espoir et de pardon.
Je sais que nous sommes sur la bonne voie et ce n'est pas en entravant nos coutumes que nous retrouverons nos femmes et nos filles. Nous devons accueillir ces étrangers avec la plus haute bienveillance. En cela viendra notre salut. Paix en toi, Idrane. Paix en toi, Odal.
- Paix sur vous, Haut Vénérable, répondirent les deux fermiers.
Idrane et Odal restèrent plantés quelques instants, comme fixés par ce que leur avait dit le chef du Village. Idrane fut la première à sortir de sa torpeur :
- Pourquoi as-tu menti Odal?
Pas de réponse. Pourquoi tu ne m'as pas laissé parlé et dire ce que Chod nous avait confié? Odal, réponds moi s'il te plaît?
Le vieil homme se leva et alla se servir un bock de Breuvage Carmin. Sa femme le scrutait des yeux, attendant les explications.
- Frel n'obéit plus depuis longtemps à ses devoirs. Sa fortune n'est pas une rumeur mais bien une réalité qui nous montre à quel point nous sommes miséreux et lâches.
- Ce sont presque mots pour mots les craintes de Chod. Idrane tremblait.
- Oui, ma Mie. Chod a été le premier à défier le Haut Vénérable. Et la première victime.
- Odal! s'écria Idrane. Comment peux-tu dire une chose pareille?
- Le malheur s'est abattu sur notre vallée et cela continue. Je sens que nous perdons conscience des horreurs qui nous frappent.
- Tu penses vraiment que Chod est... mort?
- Oui.
- Et qui l'aurait tué selon toi?
- Peut-être les mêmes forces que celles qui nous ôtent nos filles et leurs mères.
- Alors il n'y a plus d'espoir, avoua Idrane.
- Si. Il nous reste les Etrangers, rectifia Odal. J’ai bien réfléchi : nous devons prier pour que le malheur s'abatte sur leurs femmes.
- Odal ! s’écria sa femme, tu me fais peur lorsque tu parles ainsi. Comment peux-tu souhaiter le malheur pour ses gens?
- C'est notre seule chance. Si l'émotion gagne tout le Royaume, nos gouvernants engageront des moyens colossaux pour connaître la vérité.
- Tu te rappelles ce que disait Chod : qui croira nos explications sur des Forces Maléfiques? Nous serons les accusateurs accusés. Nous serons persécutés et condamnés.
- Il faut essayer. Nous n'avons plus rien à perdre.
Livre I - Confrérie Anachronique
La disparition de Chod avait laissé perplexes les villageois. L'annonce s'était répandue dans toute la vallée. Odal et sa femme encaissaient le choc. Frel, en personne, était venu leur annoncer la nouvelle :
- Vous êtes les dernières personnes à l'avoir vu, avait expliqué le Haut Vénérable. Votre témoignage pourrait nous aider à expliquer ce mystère.
Idrane, les yeux rougis par les pleurs, tentait de se souvenir de la dernière journée passée avec Chod. En regardant son mari :
- Il a passé une nuit ici, parce qu'il était très énervé, dit-elle doucement.
- Enervé? Pourquoi? Après qui ou quoi en avait-il?
La vieille femme parut embarrassée. Frel s'en rendit compte :
- Tous les détails comptent. Quels qu'ils soient. Il s'agit, je vous le rappelle, de la mort d'un homme.
- Il était en colère contre lui-même, reprit Odal, car il estimait qu'il se laissait mourir et qu'il n'en avait pas le droit.
Frel fixa Idrane :
- Est-ce vrai? fit-il, sur un ton soudain féroce.
La femme répondit un oui timide.
- A-t-il dit qu'il voulait fuir le Village, rejoindre l'autre Vallée? Avait-il un plan? Voulait-il intriguer contre notre communauté ?
- Non, Haut Vénérable. Ma femme et moi étions ses amis et il ne nous cachait rien. Il se retourna vers sa femme et lui prit la main : cependant, il se peut qu'il nous ait menti. Sa vie changeait à chaque quartier de Lune ainsi que son esprit qui fuyait la réalité.
Cet homme est en train de me mentir, pensa le Haut Vénérable. Sa femme est moins bonne actrice que lui. Mais pourquoi mentent-ils ainsi au risque d’apparaître comme des traîtres? Si Chod leur a fait part de ses pensées envers moi, ils ne pourront pas me le cacher longtemps.
- Si vous n'avez plus de questions, demanda Odal, je souhaiterais rester seul avec ma femme à présent.
- J'ai encore une question à vous poser à tous les deux : avez-vous cru en se que disait Chod?
La question de Frel embarrassait le vieux couple. Leur silence agaçait le Haut Vénérable. Il reprit :
- Ecoutez-moi bien. Notre Village a toujours vécu dans une paix exemplaire. Certes, les rigueurs des hivers et le labeur quotidien nous ont courbé l'échine. Mais je ne tolérerai pas que l'on saborde notre cohésion. Chod a provoqué une crise grave, il a osé défier mon autorité devant notre Assemblée mettant ainsi en péril la survie de chacun. C'est une faute très grave. En agissant ainsi, il s'est soustrait à notre code et Pyrène en soit témoin nous avons déplu aux Dieux. D’ailleurs, tous nos maux venaient peut-être de lui et sa disparition est sûrement un message d’espoir et de pardon.
Je sais que nous sommes sur la bonne voie et ce n'est pas en entravant nos coutumes que nous retrouverons nos femmes et nos filles. Nous devons accueillir ces étrangers avec la plus haute bienveillance. En cela viendra notre salut. Paix en toi, Idrane. Paix en toi, Odal.
- Paix sur vous, Haut Vénérable, répondirent les deux fermiers.
Idrane et Odal restèrent plantés quelques instants, comme fixés par ce que leur avait dit le chef du Village. Idrane fut la première à sortir de sa torpeur :
- Pourquoi as-tu menti Odal?
Pas de réponse. Pourquoi tu ne m'as pas laissé parlé et dire ce que Chod nous avait confié? Odal, réponds moi s'il te plaît?
Le vieil homme se leva et alla se servir un bock de Breuvage Carmin. Sa femme le scrutait des yeux, attendant les explications.
- Frel n'obéit plus depuis longtemps à ses devoirs. Sa fortune n'est pas une rumeur mais bien une réalité qui nous montre à quel point nous sommes miséreux et lâches.
- Ce sont presque mots pour mots les craintes de Chod. Idrane tremblait.
- Oui, ma Mie. Chod a été le premier à défier le Haut Vénérable. Et la première victime.
- Odal! s'écria Idrane. Comment peux-tu dire une chose pareille?
- Le malheur s'est abattu sur notre vallée et cela continue. Je sens que nous perdons conscience des horreurs qui nous frappent.
- Tu penses vraiment que Chod est... mort?
- Oui.
- Et qui l'aurait tué selon toi?
- Peut-être les mêmes forces que celles qui nous ôtent nos filles et leurs mères.
- Alors il n'y a plus d'espoir, avoua Idrane.
- Si. Il nous reste les Etrangers, rectifia Odal. J’ai bien réfléchi : nous devons prier pour que le malheur s'abatte sur leurs femmes.
- Odal ! s’écria sa femme, tu me fais peur lorsque tu parles ainsi. Comment peux-tu souhaiter le malheur pour ses gens?
- C'est notre seule chance. Si l'émotion gagne tout le Royaume, nos gouvernants engageront des moyens colossaux pour connaître la vérité.
- Tu te rappelles ce que disait Chod : qui croira nos explications sur des Forces Maléfiques? Nous serons les accusateurs accusés. Nous serons persécutés et condamnés.
- Il faut essayer. Nous n'avons plus rien à perdre.
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