"CES HOMMES QUI FONT LES SINGES"
Bon, amies et amis blogger MDB, j'ai retrouvé un vieux texte pourri d'un temps où je pense que j'avais pas encore de polis à la kékette... Alors soyez indulgents ou pas, de toutes les façons je m'en fous j'assume ...
Je préviens simplement que la lecture de ce texte peut nuire à la santé...
Je vous aurai prévenu.
Dans notre série politico-animalière, Némo ( = le Balafré au début des années 80 avec moins de pilosité pubiennne) vous présente :
"CES HOMMES QUI FONT LES SINGES"
Une histoire sans fin et sans début (et réciproquement).
Ce soir-là, alors que le soleil avait boudé toute la journée, on passait à la télévision un très bon film (comme quoi). Ce dernier traitait avec beaucoup d'amour et d'images, la réinsertion - difficile rappelons-le ici - des dits mammifères poilus dans notre société.
Pour fêter l'événement rarissime, non pas à cause de la qualité‚ du film, mais de sa projection sur la chaîne (il n'aura pas échappé aux personnes érudites le tabou que représente ce genre de film), je pris quelques bonnes résolutions et surtout quelques bonnes bouteilles de vin doux, mais râpeuses au palais.
Le film tant attendu commença; alors, sans détours aucun, mes parents fixèrent de leurs 2 pupilles (indication purement perfectionniste de l'anatomie humaine) le petit écran (écran de 60 centimètres TTC, ce qui pour un poste radio est exceptionnel, surtout si l'on s'attarde sur son côté bon enfant).
Mais, las de ces sentiments électroniques, revenons à nos gueunons...
La soirée arrivait à un stade de non-conservation et de vente interdite, lorsque, je ne sais par quelle magie (ou autres potages maléfiques) les images prirent une forme, disons-le sans effroi et bien au chaud, difformes!
Oui! Les images n'étaient plus ce qu'elles étaient, c'est-à-dire elles-mêmes; ce qui, en théorie visuelle pose des problèmes insolubles, même dans de l'acide acétique (réputé pour ses manies chimiques).
Bref, je ne me sentais plus du tout dans mon assiette, qui au passage, ressemblait étrangement à un fauteuil! Mais n'anticipons pas...
Je ne sais alors pourquoi, une envie irrésistible et originaire de ma conscience professionnelle, me prit (par derrière, la félonne!).
Je détournai la tête, riche en troubles plus éthyliques que bibliques, et ce fût l'horreur, le cauchemar, la douche écossaise sans kilt, le cheval de Troie à Sète (et les histoires nous montrent à quel point est long le chemin qui mène de Troyes à Sète, surtout à cheval et sans calculatrice).
Ce fût bref mais efficace... Un bruit, un râle aigu et lyophilisé à chaud, sortit tant bien que mal (plutôt mal, d'ailleurs) de mes cordes vocales tendues et tordues :
Rêves-je, fantasmes-je, délire-je, me dis-je, avec beaucoup de difficultés (vous aussi, non?).
Mais hélas, le son du coucou de la pendule à quartz liquide me prit sur le fait : je ne rêvai pas :
Mes parents n'étaient plus!
Non pas qu'ils eussent trépassés pour autant, mais ils avaient bien changé !
- Des singes!! m'écriai-je, horrifié et pétrifié.
Mes yeux changèrent d'orbites (peu stationnaires) puis enfin, je me mis à planer. Ils ne m'avaient pas encore remarqué, tandis qu'ils s’empiffraient de cacahuètes et de bananes (aucun rapport).
Mon chat, noir à l'emballage d'origine, prit une teinte grisâtre pour finir aussi blanc que mon fond de teint. Au fond pas si teint que cela, puisqu'il avait déteint (un comble pour un tain).
C'est alors que les deux mammifères, sans s'en faire, pivotèrent sur eux-mêmes (ce qui, même pour un singe est très difficile à réaliser, car je vous le rappelle, le singe ne descend pas de la dent, qui elle, peut dans certains cas, pivoter).
Donc, telle une dent sur pivot, les deux poilus me regardèrent. Ce fût atroce, épouvantable, époustouflant; ce fût comme si dans ma tête, mes neurones jouaient à la marelle ou qu'ils faisaient de la pâte à modeler avec ma matière grise qui ne l'était plus d'ailleurs!
A la télévision, je distinguai vaguement des images de cauchemar : Jacques Chazot se mariait avec Amanda Lear, le pape devenait papa, les russes buvaient du coca, les japonais se débridaient, les belges devenaient intelligents, les bretons non buveurs et les corses des rapides.
Bref, l'apocalypse en sol mineur, ou plutôt en sol fa-mi-lier.
Je pris mon courage non pas à deux mains mais avec une seule (excusez du peu) et je les fixai en écartant mes yeux, l'un à droite l'autre à gauche. Manoeuvre pour les encercler : c'était mieux se séparer pour mieux vaincre (les personnes, qui seraient sceptiques sur ce stratagème visuel n'ont qu'à aller se faire voir chez les papous, et ils verront qu’eux-mêmes n'ont pas trouvé mieux).
Hélas, mes yeux ne l'entendaient pas de la même oreille (qui, entre parenthèse, n'avait pas froid aux yeux).
Ils restèrent groupés, trop d'ailleurs, si bien que je commençais à loucher et alors, les deux guenons velues, rirent aux éclats comme le font leurs compatriotes enfermés, plus patriotes que le reste d'ailleurs.
Et, je restai là, mes yeux en louche, tandis que les deux babouins s’esclaffaient en coeur ( et c'était un sacré‚ coeur!).
Au même moment, une réflexion d’âge moyen, déboula comme une folle dans mon cerveau, sans frapper, ni s'excuser auprès des autres, qui de toutes les façons, nageaient dans l'éther, provenant sans doute de ces quelques bonnes bouteilles de vin (doux mais râpeux) que j'avais ingurgité‚ pour cette longue nuit. Et, cette réflexion sans gêne, me souffla à l'oreille (qui éternua) :
- Mais si les singes rient, le rire n'est plus la propriété exclusive des hommes?!
- Tu l'as dit bouffi, semblait dire ma conscience, elle aussi touchée par les vapeurs éthyliques.
Les deux singes riaient avec frénésie, ils en pleuraient même de joie mais sans pour autant en baver (répétons-le ici, nos deux olibrius sont excessivement coquets).
Je me répétais en moi-même :
"Le rire n'est plus le propre de l'Homme!"
Même les yeux ne s'en crurent pas et ils se laissèrent divaguer, si bien que je ne loucha plus (soulagements)!
C'est ainsi que les rires cessèrent, aussi vite qu'ils avaient débutés.
Les deux macaques m'adressaient des gestes avec leurs bras que seul un funambule sur un fil à haute tension aurait pu égaler.
Exaspéré, je leurs lançai :
- Arrêtez de faire les singes!
Je me sentis alors tout con, dans mon fauteuil. La phrase que je venais de prononcer comme un mal au trou (?), ne rehaussait pas le niveau de la soirée.
Le coucou à seiko à quartz sonna onze heure trente huit minutes.
La salle de séjour ressemblait à une cage, non pas aux folles,- bien qu'il n'en fallut pas beaucoup pour qu'elle le fusse-, mais à celle d'un zoo pakistanais. Puis les singes se levèrent et avec nonchalance et balancement, se dirigèrent vers la cuisine.
Mes membres, encore engourdis, ne réagirent nullement à l'envie qui me prenait de les suivre. Alors valait mieux jouer avec la prudence. Ils revinrent avec une bouteille remplie de bonnes intentions et de jus de fruits, et sans bulle dedans (traumas publicitaire).
Même les singes en étaient à ce stade...
A la télévision, le film atteignait le sommet horaire qui lui était imparti. Les deux nez écrasés étaient excités comme le carbone, lorsqu'il est dans tous ses états (les chimistes auront remarqué l'étonnante subtilité pratiquée sur la comparaison entre l'excitation du carbone et des singes).
Leur tronche animale ne me fixait plus et je me décontractais.
Je ne savais quoi faire, je me tâtais intérieurement et cela faisait très mal.
Lorsque une idée s'amena, dont on ne sait où, qui poussa les autres qui faisaient la queue au guichet. Elle s'imposa devant le neurone central (le boss) et lui dit :
- Hum! Tu me laisses passer car je dois causer avec le végétatif qui nous loge (le cerveau en argot de neurone prolétaire).
- T'es fou ou quoi? Va faire la queue comme tout le monde!
- Espèce de gros tas, je ne suis pas une idée comme les autres. J'ai droit à un régime de faveurs; si tu ne me laisses pas passer, je te balance une connerie sur ta graisse et ta mère te prendra pour une synapse (tapette en argot neuronique).
- Bon, c'est parce que c'est toi!
Et c'est ainsi, qu’après milles embûches (de Noël), l'idée pas comme les autres se présenta devant le cerveau, l'unique en son genre :
- Salut à toi, Ô grand cerveau, aux hormones sanctifiées!
Je suis une idée pas comme les autres et je voudrais m'exprimer librement au taré‚ qui vous abrite sous son toit (moi, quoi)... (pause) :
Remarquez, c'est coquet ici, non? Le loyer est cher?
- Et ta mère, elle fait du vélo axonique? Tu la sors ta proposition ou je te jette aux oubliettes!
- Hum, on ne va pas se fâcher pour si peu. Tu risques d’attraper une méningite, ce qui signifierait chômage pour nous!
- Je perds patience! Parle, par Rolandus (célèbre sillon de la mythologie cervicale).
-Ouais, minute! D'abord, j'ai décidé de ne plus me présenter, non mais sans blague! Halte à l'exploiteur patronal et vive les idées laborieuses!
Et l'idée passa derrière la tête (la mienne en l'occurrence) sans que je ne puisse la connaître.
Ce fût un échec cuisant et total!
Tout le monde comprendra alors comme il est difficile de trouver une idée et quand bien même, on en trouve une, il n'est pas évident qu'elle ait un intérêt cervical suffisant pour être une idée pas comme les autres!
Soudain, me prenant par traîtrise, les deux macaques, tels deux ressorts tissant leur piège, bondirent sur moi et me tirèrent les cheveux.
Pris de panique, je criais à bout de souffle :
- Laissez les vivre!
Mais, faire pipi dans une boite à chaussures (modèle quarante huit fillettes collection automne-hiver) aurait été beaucoup plus profitable pour moi (vous vous en doutez bien), surtout que cette envie urinaire me prit deux secondes auparavant.
Le problème était mathématiquement simple (comme quoi) :
comment se débarrasser de ces sangsues, sans sous, saoules et sans doutes.
Ils commençaient sérieusement à me "prendre la tête" et ils s'en rendirent compte car ils la secouèrent de plus belle, sans ménagement comme pour mieux mélanger l'int‚rieur.
Leurs rires sarcastiques et caustiques me rendaient fou-allier, malgré‚ mon "self-control", acquis grâce aux missions sportives de véro et davina. Hélas, dans la pratique, ce fût autrement. En ces moments difficiles et pénibles, je me faisais la promesse de ne jamais plus regarder "les animaux du monde".
C'est alors, que sortie d'on ne sait où, une lumière -pas franchement blanche, mais pas franchement noire non plus (restons honnête)- éclaira ma lanterne :
je pensais à Darwin qui avait dit que "l'Homme descendait du singe". Je décidais alors de tenter le tout pour le tout. Au moment propice, je commençais à singer les singes. Ainsi, lorsqu'ils se désintéressèrent de mes pauvres cheveux (il n'y en avait plus beaucoup) et profitant de leur absence urinaire, j’entreprit des gestuelles pseudo-conventionnelles chez ces velus pour tromper l'ennemi!
Au moment où je revis leur sale bouille de bouillie bouillonnante (et alors, c'est du français non?), mon coeur se glaça (et éternua aussitôt)! Je continuais mes exercices corporels sans relâche (sauf le lundi), et, en même temps (si,si), je poussais de gueunonesques cris pour les amadouer!
Croyez-moi, ce ne fût pas triste, surtout pour les deux ancêtres qui, je vous le rappelle, ont une sale bouille de bouillie bouillante!
En effet, au bout de trois heures d'éructations vocales insoutenables, même par les doigts de pieds, les deux gros nez à la sale bouille de bouillie bouillonnante prirent le téléphone et firent un numéro au hasard.
Et là, je vous arrête au nom de moi, car, la suite de récit émouvant, risque de choquer certaines personnes bien pensantes, bien pesantes, bien de consommations courantes, qui jugent avec dédain et même des chèvres, le proverbe suivant :
"Le hasard fait bien, souvent, les choses"! Avis.
Pris par mes ‚énervements passionnels, je ne m'inqui‚tais pas de la conversation animale. Je devais savoir une heure plus tard la raison du pourquoi du comment du parce que d'autant plus que néanmoins d'ici et de là, d'où présentement sans ni oui ni non voilà pourtant non seulement mais aussi malgré‚ que logiquement, j'aurai dû m'y attendre (vous pouvez toujours comprendre ce que je veux dire, mais vaudrait mieux cultiver des choux-raves en zigouillavie).
Je vis de mes deux organes globulaires (véritables témoins oculaires de la première heure), deux colosses musculeux en blouse blanche, très bien taillés d'ailleurs, qui se jettèrent sur moi, très rugbistiquement, je dois le confesser.
Enfin, je finis dans un fourgon capitonné‚ à l'intérieur d'un rouge qui sentait le russe à vue de nez!
Finalement, j'aurais dû mieux congratuler mes deux gardes du corps, car, vraiment, ici, je suis très bien dorloté (le pied quoi!).
A l'occasion, si vous désirez me voir ou m'écrire, voici ma nouvelle adresse :
cellule 17, centre de rééducation pour animaux arboricoles abandonnés, zoo de Vincennes, Paris cedex.
FIN.
Je préviens simplement que la lecture de ce texte peut nuire à la santé...
Je vous aurai prévenu.
Dans notre série politico-animalière, Némo ( = le Balafré au début des années 80 avec moins de pilosité pubiennne) vous présente :
"CES HOMMES QUI FONT LES SINGES"
Une histoire sans fin et sans début (et réciproquement).
Ce soir-là, alors que le soleil avait boudé toute la journée, on passait à la télévision un très bon film (comme quoi). Ce dernier traitait avec beaucoup d'amour et d'images, la réinsertion - difficile rappelons-le ici - des dits mammifères poilus dans notre société.
Pour fêter l'événement rarissime, non pas à cause de la qualité‚ du film, mais de sa projection sur la chaîne (il n'aura pas échappé aux personnes érudites le tabou que représente ce genre de film), je pris quelques bonnes résolutions et surtout quelques bonnes bouteilles de vin doux, mais râpeuses au palais.
Le film tant attendu commença; alors, sans détours aucun, mes parents fixèrent de leurs 2 pupilles (indication purement perfectionniste de l'anatomie humaine) le petit écran (écran de 60 centimètres TTC, ce qui pour un poste radio est exceptionnel, surtout si l'on s'attarde sur son côté bon enfant).
Mais, las de ces sentiments électroniques, revenons à nos gueunons...
La soirée arrivait à un stade de non-conservation et de vente interdite, lorsque, je ne sais par quelle magie (ou autres potages maléfiques) les images prirent une forme, disons-le sans effroi et bien au chaud, difformes!
Oui! Les images n'étaient plus ce qu'elles étaient, c'est-à-dire elles-mêmes; ce qui, en théorie visuelle pose des problèmes insolubles, même dans de l'acide acétique (réputé pour ses manies chimiques).
Bref, je ne me sentais plus du tout dans mon assiette, qui au passage, ressemblait étrangement à un fauteuil! Mais n'anticipons pas...
Je ne sais alors pourquoi, une envie irrésistible et originaire de ma conscience professionnelle, me prit (par derrière, la félonne!).
Je détournai la tête, riche en troubles plus éthyliques que bibliques, et ce fût l'horreur, le cauchemar, la douche écossaise sans kilt, le cheval de Troie à Sète (et les histoires nous montrent à quel point est long le chemin qui mène de Troyes à Sète, surtout à cheval et sans calculatrice).
Ce fût bref mais efficace... Un bruit, un râle aigu et lyophilisé à chaud, sortit tant bien que mal (plutôt mal, d'ailleurs) de mes cordes vocales tendues et tordues :
Rêves-je, fantasmes-je, délire-je, me dis-je, avec beaucoup de difficultés (vous aussi, non?).
Mais hélas, le son du coucou de la pendule à quartz liquide me prit sur le fait : je ne rêvai pas :
Mes parents n'étaient plus!
Non pas qu'ils eussent trépassés pour autant, mais ils avaient bien changé !
- Des singes!! m'écriai-je, horrifié et pétrifié.
Mes yeux changèrent d'orbites (peu stationnaires) puis enfin, je me mis à planer. Ils ne m'avaient pas encore remarqué, tandis qu'ils s’empiffraient de cacahuètes et de bananes (aucun rapport).
Mon chat, noir à l'emballage d'origine, prit une teinte grisâtre pour finir aussi blanc que mon fond de teint. Au fond pas si teint que cela, puisqu'il avait déteint (un comble pour un tain).
C'est alors que les deux mammifères, sans s'en faire, pivotèrent sur eux-mêmes (ce qui, même pour un singe est très difficile à réaliser, car je vous le rappelle, le singe ne descend pas de la dent, qui elle, peut dans certains cas, pivoter).
Donc, telle une dent sur pivot, les deux poilus me regardèrent. Ce fût atroce, épouvantable, époustouflant; ce fût comme si dans ma tête, mes neurones jouaient à la marelle ou qu'ils faisaient de la pâte à modeler avec ma matière grise qui ne l'était plus d'ailleurs!
A la télévision, je distinguai vaguement des images de cauchemar : Jacques Chazot se mariait avec Amanda Lear, le pape devenait papa, les russes buvaient du coca, les japonais se débridaient, les belges devenaient intelligents, les bretons non buveurs et les corses des rapides.
Bref, l'apocalypse en sol mineur, ou plutôt en sol fa-mi-lier.
Je pris mon courage non pas à deux mains mais avec une seule (excusez du peu) et je les fixai en écartant mes yeux, l'un à droite l'autre à gauche. Manoeuvre pour les encercler : c'était mieux se séparer pour mieux vaincre (les personnes, qui seraient sceptiques sur ce stratagème visuel n'ont qu'à aller se faire voir chez les papous, et ils verront qu’eux-mêmes n'ont pas trouvé mieux).
Hélas, mes yeux ne l'entendaient pas de la même oreille (qui, entre parenthèse, n'avait pas froid aux yeux).
Ils restèrent groupés, trop d'ailleurs, si bien que je commençais à loucher et alors, les deux guenons velues, rirent aux éclats comme le font leurs compatriotes enfermés, plus patriotes que le reste d'ailleurs.
Et, je restai là, mes yeux en louche, tandis que les deux babouins s’esclaffaient en coeur ( et c'était un sacré‚ coeur!).
Au même moment, une réflexion d’âge moyen, déboula comme une folle dans mon cerveau, sans frapper, ni s'excuser auprès des autres, qui de toutes les façons, nageaient dans l'éther, provenant sans doute de ces quelques bonnes bouteilles de vin (doux mais râpeux) que j'avais ingurgité‚ pour cette longue nuit. Et, cette réflexion sans gêne, me souffla à l'oreille (qui éternua) :
- Mais si les singes rient, le rire n'est plus la propriété exclusive des hommes?!
- Tu l'as dit bouffi, semblait dire ma conscience, elle aussi touchée par les vapeurs éthyliques.
Les deux singes riaient avec frénésie, ils en pleuraient même de joie mais sans pour autant en baver (répétons-le ici, nos deux olibrius sont excessivement coquets).
Je me répétais en moi-même :
"Le rire n'est plus le propre de l'Homme!"
Même les yeux ne s'en crurent pas et ils se laissèrent divaguer, si bien que je ne loucha plus (soulagements)!
C'est ainsi que les rires cessèrent, aussi vite qu'ils avaient débutés.
Les deux macaques m'adressaient des gestes avec leurs bras que seul un funambule sur un fil à haute tension aurait pu égaler.
Exaspéré, je leurs lançai :
- Arrêtez de faire les singes!
Je me sentis alors tout con, dans mon fauteuil. La phrase que je venais de prononcer comme un mal au trou (?), ne rehaussait pas le niveau de la soirée.
Le coucou à seiko à quartz sonna onze heure trente huit minutes.
La salle de séjour ressemblait à une cage, non pas aux folles,- bien qu'il n'en fallut pas beaucoup pour qu'elle le fusse-, mais à celle d'un zoo pakistanais. Puis les singes se levèrent et avec nonchalance et balancement, se dirigèrent vers la cuisine.
Mes membres, encore engourdis, ne réagirent nullement à l'envie qui me prenait de les suivre. Alors valait mieux jouer avec la prudence. Ils revinrent avec une bouteille remplie de bonnes intentions et de jus de fruits, et sans bulle dedans (traumas publicitaire).
Même les singes en étaient à ce stade...
A la télévision, le film atteignait le sommet horaire qui lui était imparti. Les deux nez écrasés étaient excités comme le carbone, lorsqu'il est dans tous ses états (les chimistes auront remarqué l'étonnante subtilité pratiquée sur la comparaison entre l'excitation du carbone et des singes).
Leur tronche animale ne me fixait plus et je me décontractais.
Je ne savais quoi faire, je me tâtais intérieurement et cela faisait très mal.
Lorsque une idée s'amena, dont on ne sait où, qui poussa les autres qui faisaient la queue au guichet. Elle s'imposa devant le neurone central (le boss) et lui dit :
- Hum! Tu me laisses passer car je dois causer avec le végétatif qui nous loge (le cerveau en argot de neurone prolétaire).
- T'es fou ou quoi? Va faire la queue comme tout le monde!
- Espèce de gros tas, je ne suis pas une idée comme les autres. J'ai droit à un régime de faveurs; si tu ne me laisses pas passer, je te balance une connerie sur ta graisse et ta mère te prendra pour une synapse (tapette en argot neuronique).
- Bon, c'est parce que c'est toi!
Et c'est ainsi, qu’après milles embûches (de Noël), l'idée pas comme les autres se présenta devant le cerveau, l'unique en son genre :
- Salut à toi, Ô grand cerveau, aux hormones sanctifiées!
Je suis une idée pas comme les autres et je voudrais m'exprimer librement au taré‚ qui vous abrite sous son toit (moi, quoi)... (pause) :
Remarquez, c'est coquet ici, non? Le loyer est cher?
- Et ta mère, elle fait du vélo axonique? Tu la sors ta proposition ou je te jette aux oubliettes!
- Hum, on ne va pas se fâcher pour si peu. Tu risques d’attraper une méningite, ce qui signifierait chômage pour nous!
- Je perds patience! Parle, par Rolandus (célèbre sillon de la mythologie cervicale).
-Ouais, minute! D'abord, j'ai décidé de ne plus me présenter, non mais sans blague! Halte à l'exploiteur patronal et vive les idées laborieuses!
Et l'idée passa derrière la tête (la mienne en l'occurrence) sans que je ne puisse la connaître.
Ce fût un échec cuisant et total!
Tout le monde comprendra alors comme il est difficile de trouver une idée et quand bien même, on en trouve une, il n'est pas évident qu'elle ait un intérêt cervical suffisant pour être une idée pas comme les autres!
Soudain, me prenant par traîtrise, les deux macaques, tels deux ressorts tissant leur piège, bondirent sur moi et me tirèrent les cheveux.
Pris de panique, je criais à bout de souffle :
- Laissez les vivre!
Mais, faire pipi dans une boite à chaussures (modèle quarante huit fillettes collection automne-hiver) aurait été beaucoup plus profitable pour moi (vous vous en doutez bien), surtout que cette envie urinaire me prit deux secondes auparavant.
Le problème était mathématiquement simple (comme quoi) :
comment se débarrasser de ces sangsues, sans sous, saoules et sans doutes.
Ils commençaient sérieusement à me "prendre la tête" et ils s'en rendirent compte car ils la secouèrent de plus belle, sans ménagement comme pour mieux mélanger l'int‚rieur.
Leurs rires sarcastiques et caustiques me rendaient fou-allier, malgré‚ mon "self-control", acquis grâce aux missions sportives de véro et davina. Hélas, dans la pratique, ce fût autrement. En ces moments difficiles et pénibles, je me faisais la promesse de ne jamais plus regarder "les animaux du monde".
C'est alors, que sortie d'on ne sait où, une lumière -pas franchement blanche, mais pas franchement noire non plus (restons honnête)- éclaira ma lanterne :
je pensais à Darwin qui avait dit que "l'Homme descendait du singe". Je décidais alors de tenter le tout pour le tout. Au moment propice, je commençais à singer les singes. Ainsi, lorsqu'ils se désintéressèrent de mes pauvres cheveux (il n'y en avait plus beaucoup) et profitant de leur absence urinaire, j’entreprit des gestuelles pseudo-conventionnelles chez ces velus pour tromper l'ennemi!
Au moment où je revis leur sale bouille de bouillie bouillonnante (et alors, c'est du français non?), mon coeur se glaça (et éternua aussitôt)! Je continuais mes exercices corporels sans relâche (sauf le lundi), et, en même temps (si,si), je poussais de gueunonesques cris pour les amadouer!
Croyez-moi, ce ne fût pas triste, surtout pour les deux ancêtres qui, je vous le rappelle, ont une sale bouille de bouillie bouillante!
En effet, au bout de trois heures d'éructations vocales insoutenables, même par les doigts de pieds, les deux gros nez à la sale bouille de bouillie bouillonnante prirent le téléphone et firent un numéro au hasard.
Et là, je vous arrête au nom de moi, car, la suite de récit émouvant, risque de choquer certaines personnes bien pensantes, bien pesantes, bien de consommations courantes, qui jugent avec dédain et même des chèvres, le proverbe suivant :
"Le hasard fait bien, souvent, les choses"! Avis.
Pris par mes ‚énervements passionnels, je ne m'inqui‚tais pas de la conversation animale. Je devais savoir une heure plus tard la raison du pourquoi du comment du parce que d'autant plus que néanmoins d'ici et de là, d'où présentement sans ni oui ni non voilà pourtant non seulement mais aussi malgré‚ que logiquement, j'aurai dû m'y attendre (vous pouvez toujours comprendre ce que je veux dire, mais vaudrait mieux cultiver des choux-raves en zigouillavie).
Je vis de mes deux organes globulaires (véritables témoins oculaires de la première heure), deux colosses musculeux en blouse blanche, très bien taillés d'ailleurs, qui se jettèrent sur moi, très rugbistiquement, je dois le confesser.
Enfin, je finis dans un fourgon capitonné‚ à l'intérieur d'un rouge qui sentait le russe à vue de nez!
Finalement, j'aurais dû mieux congratuler mes deux gardes du corps, car, vraiment, ici, je suis très bien dorloté (le pied quoi!).
A l'occasion, si vous désirez me voir ou m'écrire, voici ma nouvelle adresse :
cellule 17, centre de rééducation pour animaux arboricoles abandonnés, zoo de Vincennes, Paris cedex.
FIN.
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