La Demeure du Passage : Acte 2, scène 2
Qui est fou? Celui qui le dit ou celui qui l'est?
Anonyme.
Frel observait le Fermier avec une intensité effroyable. Chod se sentait nu face à ce regard inquisiteur. Il préféra rompre le silence le premier pour échapper à un étouffement naissant :
- Haut Vénérable, deux groupes d'étrangers vont pénétrer et vivre dans notre village lors du passage du nouveau cycle. Et j'ai peur!
- Peur? s'écria le personnage assis dans son fauteuil en cuir. Peur de quoi? Ne vois-tu pas que c'est un signe des Dieux! Grâce à ses hommes et ces femmes, nous aurons bientôt de nouvelles richesses.
- Leur sécurité est en jeu, Haut Vénérable, les esprits maléfiques se jetteront sur les femmes de l'extérieur et tout un royaume nous tombera dessus!
- Foutaises! Hallucinations! Chod, écoute, tu dois suivre la loi qui m'a désigné comme votre guide.
- Regardez toutes vos richesses comparées à nos haires et nos guenilles! Vous profitez de la misère des villageois et vous l'entretenez. Vous manipulez les hommes comme les dieux manipulent les vents!
- Chod, tu es un élément dangereux pour la survie du groupe. La disparition de ta femme et de tes filles t'ont causé un traumatisme, je le comprend. Mais ta révolte contre mon autorité m’inquiète.
- Laisse ma famille en paix, Haut Vénérable de mouchure de porc!
Le Chef du village fronça les sourcils :
- Ne franchis pas l'irréversible sans raison. Ton désespoir t'aveugle et tu te convaincs de ton invincibilité! Saches que tu n'es qu'une larve que je peux écraser à chaque instant, sans état d’âme, sans remords. Ta vie ne vaut rien comparée à la survie de notre Groupe.
- Je devine tes menaces, Frel. J'en arrive même à me demander de quel côté tu te situes... Mourir n'est pas une fin en soi. Elle peut être le début.
- Le début de quoi?
- De ta fin.
Frel fronça les sourcils. Dans le même instant, il fit un signe discret à ses gardes. L'un d'eux se jeta sur Chod, une lame à hauteur des viscères. Manquant de discrétion le soldat éveilla la garde de Chod qui se retourna juste à temps pour voir le guerrier foncer sur lui.
Métayer, Chod n'en était pas moins un bon combattant. Il esquiva le coup avec élégance dévoilant la souplesse de son corps. Il dégrafa son manteau et le lança dans les jambes de son assaillant qui chuta de tout son poids. A moitié assommé par le choc, le garde ne vit pas Chod arriver par derrière. Le fermier prit en étau la tête du malheureux et lui brisa la nuque. En retrait, trois autres gardes avaient assisté à l'exécution.
- Crapouille à fiente de boeuf! s'écria Frel. Abrutis! Chod est un combattant qui n'a rien à perdre. Ce n'est pas une loque! Alors tuez-le!
Chod respirait difficilement, ses muscles étaient tétanisés. Bientôt d'autres gardes arrivèrent et Chod comprit qu'il était condamné. Il sortit alors la dague que lui avait offert sa femme lors de leur mariage. Il fit briller la lame à la lumière des torches et l’enfonça dans sa poitrine. Chod s'écroula. Ses yeux grands ouverts fixaient la voûte et il crut y reconnaître le visage de sa femme, l'espace d'un instant. Ce fut la dernière image de sa vie.
Frel se leva de son siège :
- Débarrassez-moi de cet idiot! Donnez son corps aux bêtes des montagnes et qu'on ne puisse plus le retrouver. Allez!
Deux gardes traînèrent le corps de Chod par les pieds, laissant une marque de sang sur le dallage.
- Urane, viens nettoyer cette tâche! Ce sang impur salit ces lieux !
Frel se rassit et ferma les yeux pour mieux se concentrer. Demain, il annoncerait la disparition de Chod à tout le village.
Plus rien ne pouvait s'opposer à la venue des étrangers dans le village.
Et de leurs richesses...
Anonyme.
Frel observait le Fermier avec une intensité effroyable. Chod se sentait nu face à ce regard inquisiteur. Il préféra rompre le silence le premier pour échapper à un étouffement naissant :
- Haut Vénérable, deux groupes d'étrangers vont pénétrer et vivre dans notre village lors du passage du nouveau cycle. Et j'ai peur!
- Peur? s'écria le personnage assis dans son fauteuil en cuir. Peur de quoi? Ne vois-tu pas que c'est un signe des Dieux! Grâce à ses hommes et ces femmes, nous aurons bientôt de nouvelles richesses.
- Leur sécurité est en jeu, Haut Vénérable, les esprits maléfiques se jetteront sur les femmes de l'extérieur et tout un royaume nous tombera dessus!
- Foutaises! Hallucinations! Chod, écoute, tu dois suivre la loi qui m'a désigné comme votre guide.
- Regardez toutes vos richesses comparées à nos haires et nos guenilles! Vous profitez de la misère des villageois et vous l'entretenez. Vous manipulez les hommes comme les dieux manipulent les vents!
- Chod, tu es un élément dangereux pour la survie du groupe. La disparition de ta femme et de tes filles t'ont causé un traumatisme, je le comprend. Mais ta révolte contre mon autorité m’inquiète.
- Laisse ma famille en paix, Haut Vénérable de mouchure de porc!
Le Chef du village fronça les sourcils :
- Ne franchis pas l'irréversible sans raison. Ton désespoir t'aveugle et tu te convaincs de ton invincibilité! Saches que tu n'es qu'une larve que je peux écraser à chaque instant, sans état d’âme, sans remords. Ta vie ne vaut rien comparée à la survie de notre Groupe.
- Je devine tes menaces, Frel. J'en arrive même à me demander de quel côté tu te situes... Mourir n'est pas une fin en soi. Elle peut être le début.
- Le début de quoi?
- De ta fin.
Frel fronça les sourcils. Dans le même instant, il fit un signe discret à ses gardes. L'un d'eux se jeta sur Chod, une lame à hauteur des viscères. Manquant de discrétion le soldat éveilla la garde de Chod qui se retourna juste à temps pour voir le guerrier foncer sur lui.
Métayer, Chod n'en était pas moins un bon combattant. Il esquiva le coup avec élégance dévoilant la souplesse de son corps. Il dégrafa son manteau et le lança dans les jambes de son assaillant qui chuta de tout son poids. A moitié assommé par le choc, le garde ne vit pas Chod arriver par derrière. Le fermier prit en étau la tête du malheureux et lui brisa la nuque. En retrait, trois autres gardes avaient assisté à l'exécution.
- Crapouille à fiente de boeuf! s'écria Frel. Abrutis! Chod est un combattant qui n'a rien à perdre. Ce n'est pas une loque! Alors tuez-le!
Chod respirait difficilement, ses muscles étaient tétanisés. Bientôt d'autres gardes arrivèrent et Chod comprit qu'il était condamné. Il sortit alors la dague que lui avait offert sa femme lors de leur mariage. Il fit briller la lame à la lumière des torches et l’enfonça dans sa poitrine. Chod s'écroula. Ses yeux grands ouverts fixaient la voûte et il crut y reconnaître le visage de sa femme, l'espace d'un instant. Ce fut la dernière image de sa vie.
Frel se leva de son siège :
- Débarrassez-moi de cet idiot! Donnez son corps aux bêtes des montagnes et qu'on ne puisse plus le retrouver. Allez!
Deux gardes traînèrent le corps de Chod par les pieds, laissant une marque de sang sur le dallage.
- Urane, viens nettoyer cette tâche! Ce sang impur salit ces lieux !
Frel se rassit et ferma les yeux pour mieux se concentrer. Demain, il annoncerait la disparition de Chod à tout le village.
Plus rien ne pouvait s'opposer à la venue des étrangers dans le village.
Et de leurs richesses...
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