La Demeure du Passage : Acte 1, scène 6
La lutte dans la solitude est une épreuve, une maladie qui vous ronge et vous détruit.
Anonyme.
La clochette retentit.
La main du Haut Vénérable, Frel, frappa violemment la table en bois massif.
- Silence! hurla-t-il vers la salle où se tenait l’assemblée du village dans sa totalité, à l'exception des Guetteurs *.
Il faut que je les tienne encore jusqu'au nouveau cycle, pensa-t-il, leur peur et leur crédulité sont mes meilleures alliées.
- Ecoutez-moi, commença-t-il, notre vallée continue de subir les meurtrissures des Forces Maléfiques car certains d'entre-vous veulent encore lutter!
- J'ai perdu ma femme et mes trois filles, cria un homme dans la foule, faut-il encore que je perde mon âme?
- Nous perdrons tous, tu perdras aussi, répondit le vieux dignitaire, si certains s'obstinent encore à croire en leur combat. Qui peut dire si nos femmes et nos filles sont à jamais outre-vie? Qui!?
- Nos coeurs, dit simplement une voix masculine.
- Mais le coeur ne sent rien, rétorqua le Haut Vénérable - il se demandait qui avait parlé ainsi.
- Justement le coeur n'est pas un sens, cette faculté si fragile, si influençable et si limitée. Le coeur n'a pas de limite, ni dans le temps ni dans l'espace.
Ca y est pensa Frel, je le vois : Chod, c'est Chod. J'aurais du m'en douter - l’Instruit *.
- Je comprend ta douleur, Chod, mais tu ne peux mettre en péril la sécurité du village, du Comté‚ tout entier simplement sur ta propre volonté‚ de refouler ta haine! Ne m'oblige pas à te chasser!
Chod, ainsi que l'assistance, devina la menace à peine déguisée du Haut Vénérable.
- Bientôt un nouveau cycle va survenir; avec lui, les jours de froid, de neige : ainsi ont parlé‚ les Oracles. Je propose que nous organisions la Joute de la Quine* afin de donner du courage dans toute la vallée.
A cette annonce, les visages s'éclairèrent laissant le masque de leur fardeau quotidien dans l'oubli - pour un temps du moins.
- Qu'il en soit ainsi, acheva le Haut Vénérable.
Chod mordillait le bouts de ses doigts. Nerveusement. L'idée de la Joute de la Quine l'ulcérait. Il ne comprenait pas la décision du Haut Vénérable, alors que les disparitions continuaient. Déjà l'on voyait des chaumières abandonnées par les hommes devenus seuls. L'exode était bien là.
Etrange comme les hommes se fragilisent lorsque leur environnement se dégrade, s'étonna le Métayer, je ne sais même plus si j'ai envie de vivre, de me battre. Après tout, Frel a peut-être raison dans ses mises en garde. La soumission est plus facile que le combat. Pire, elle est plus séduisante.
Chod se prit la tête entre les mains : mais qu'est-ce qui m'arrive? Merde, après tout je n'ai plus rien à perdre! Qui me pleurera? Personne! Pas même Odal avec ses soucis...
Chod se remit à errer dans les ruelles du Village d'Esparros, où les eaux croupies dégageaient une forte odeur de pourriture. Il voyait les Guetteurs perchés dans leur tour du guet, attendant les oiseaux providentiels qui viendraient agrémenter leur maigre repas. La survie du village dépendait de leur adresse : à chaque lancer manqué, le jeûne se dessinait un peu plus pour certains.
La Joute de la Quine viendrait comme un rayon de soleil dans un enfer bien réel. Chaque famille puiserait dans ses trésors, son garde-manger et donnerait à la communauté‚ l'occasion de s'approprier une, voire plusieurs offrandes. Pour Chod, le choix serait facile : il n'avait plus rien. Il avait déjà tout donné. Son ami Odal lui apportait le minimum vital et il s'en contentait, même s'il détestait cette situation d’assisté. Mourir est une chose, se laisser mourir en est une autre. Le Métayer croisa cinq villageois en train de s'échiner à déblayer une ruelle.
- Salut Chod! Tu viens nous prêter main-forte?
Son ventre lui faisait cruellement mal; le soir ne tarderait pas et il n'avait pas avalé la moindre nourriture de la journée. Plutôt que de donner un refus en prétextant une histoire imaginaire, il préféra enfoncer sa tête dans son vêtement et baisser les yeux. Son attitude les laissa perplexes et ils reprirent leur pénible labeur une fois la silhouette évanouie dans l’obscurité.
Il arrivait dans la ruelle de la chaumière d'Odal et Idrane. La bâtisse était dans un état acceptable pour le village : son toit résistait à l'effondrement et les murs décrépis ne recelaient pas de trous ou de brèches fatales. Il y avait une grande cour avec une remise à bois sur la gauche. Une faible lueur brillait à l'intérieur. Chod franchit le seuil de la demeure et frappa trois coups secs sur la porte d’entrée. Idrane lui ouvrit :
Comme elle a vieilli, se dit-il.
- Chod? Par les cornes de l’Isard, que fais-tu ici à cette heure? Rien de grave?
- Non, non, rassura le Fermier, juste envie de rendre visite à ceux qui me donne la becquée!
Idrane étouffa un rire. Mais elle ne savait pas si Chod plaisantait; son irascibilité devenait une légende dans la Vallée.
- Entre, je t'en prie, finit-elle par dire.
A l'intérieur Chod fut assailli par la douce chaleur de la cheminée. Il frissonna.
- Je ne veux pas vous déranger, je peux revenir, s'inquiéta le Métayer.
- Ne dis jamais cela idiot. Cependant, si c'est Odal que tu voulais voir, il est parti au village de l'Ane Mezan pour trouver du bois de construction.
- Pour ici? demanda Chod.
- Non, pour la Demeure du Passage. Nous allons construire une nouvelle aire de sommeil.
- Vous avez des clients?
- Bientôt. Cela parait incroyable mais nous considérons que c'est un don du ciel!
- Un don empoisonné!
- Pourquoi dis-tu cela, Chod? Ce sont des gens riches avec des chariotes itinérantes*; en plus ils sont du Comté! Il n'y a pas de souci à se faire.
- Y aura-t-il des femmes?
- Chod! Enfin! Ton esprit s'égare!
- Tu m'as mal compris, Idrane. Je te demande cela sans arrière pensée. As-tu imaginé ce qui se passerait si une ou plusieurs de ces femmes venaient à disparaître, comme les nôtres?
La vieille femme écarquilla les yeux :
- N..non? Heu...Je crois...Je ne sais pas en fait. Pourquoi y aurait-il un risque?
- Cette malédiction ne touche peut-être pas que nos femmes et nos filles, mais la gente féminine en général ?
- Comment pourrions-nous le savoir, Chod? Nous ne sommes que de pauvres fermiers. Tout ceci se passe au niveau des dieux.
Chod secoua la tête :
- Si des femmes de l'extérieur venaient à disparaître, nous aurions tout le Royaume sur le dos. Des Protecteurs viendraient ici pour trouver le ou les coupables. Et ils en trouveraient.
- Mais qui? s'interrogea le femme d'Odal.
- Nous ! hurla le Métayer.
- Nous? Mais c'est absurde! s'écria Idrane.
- Plus absurde que d'invoquer les Forces du Mal, pour expliquer la disparition de nos femmes et filles? Allons, quel Protecteur croira une telle histoire? Non, tu sais, notre vie de miséreux, sans le sous, peut nous pousser à des actes de pillage, de vandalisme sur des étrangers richissimes. Et cela ils le croiront bien volontiers crois-moi.
Idrane s'effondra dans son fauteuil et sanglota :
- Pourquoi nous?! Pourquoi notre vallée? C'est injuste. Les Dieux nous ont donc abandonnés!
Des dieux de Mouscaille, pensa Chod. Des allégories populaires pour fertiliser l'ignorance des simples gens. Et tu en fais partie ma pauvre Idrane, tout comme ton pauvre Odal, et le reste du village.
A cet instant, la porte du vestibule s'ouvrit et Odal apparut, le visage couvert de sueur.
- Chod, vieux Bock, comment vas?
- Tu as accepté que des étrangers viennent dans notre vallée?
Odal regarda sa femme, l'air inquiet :
- Qu'est-ce que vous avez tous les deux? Idrane, que lui as-tu dit?
- Rien que la vérité, Odal, rien de plus. Mais...
- Mais j'ai dit, poursuivit Chod, que cela créerait un danger pour notre survie à tous.
Odal s'épongea le front avec un morceau de tissu déchiré et rejoignit les deux autres près du feu. Son voyage l'avait frigorifié.
- Ils ont de l'argent, lança Odal.
- Et des femmes! répondit aussi sec Chod.
Le Métayer fronça les sourcils :
- Quoi des femmes? Où veux-tu en arriver?
- As-tu déjà oubli‚ que nos femmes et nos filles disparaissent? Veux-tu assumer l'ire de tout un royaume?
- Tu as entendu le Haut Vénérable comme moi. Il y aura une Joute de la Quine : ce sera l'occasion de leur soutirer encore plus d'argent. J’ai réfléchi : on pourrait ainsi prendre les services d'un Délogeur Patenté* et crois-moi, il retrouverait nos disparues!
- Engage plutôt un Fossoyeur!
- Chod! vociféra Idrane. Ne dis pas cela !
- Il vaut mieux que je parte, dit Chod.
- Non, il n'en est pas question, répliqua la femme, tu restes manger avec nous et tu dormiras ici. Et ne t'avises pas de me faire l'affront de refuser!
Chod se tut. Il n'avait plus la force , plus le goût de discuter.
Anonyme.
La clochette retentit.
La main du Haut Vénérable, Frel, frappa violemment la table en bois massif.
- Silence! hurla-t-il vers la salle où se tenait l’assemblée du village dans sa totalité, à l'exception des Guetteurs *.
Il faut que je les tienne encore jusqu'au nouveau cycle, pensa-t-il, leur peur et leur crédulité sont mes meilleures alliées.
- Ecoutez-moi, commença-t-il, notre vallée continue de subir les meurtrissures des Forces Maléfiques car certains d'entre-vous veulent encore lutter!
- J'ai perdu ma femme et mes trois filles, cria un homme dans la foule, faut-il encore que je perde mon âme?
- Nous perdrons tous, tu perdras aussi, répondit le vieux dignitaire, si certains s'obstinent encore à croire en leur combat. Qui peut dire si nos femmes et nos filles sont à jamais outre-vie? Qui!?
- Nos coeurs, dit simplement une voix masculine.
- Mais le coeur ne sent rien, rétorqua le Haut Vénérable - il se demandait qui avait parlé ainsi.
- Justement le coeur n'est pas un sens, cette faculté si fragile, si influençable et si limitée. Le coeur n'a pas de limite, ni dans le temps ni dans l'espace.
Ca y est pensa Frel, je le vois : Chod, c'est Chod. J'aurais du m'en douter - l’Instruit *.
- Je comprend ta douleur, Chod, mais tu ne peux mettre en péril la sécurité du village, du Comté‚ tout entier simplement sur ta propre volonté‚ de refouler ta haine! Ne m'oblige pas à te chasser!
Chod, ainsi que l'assistance, devina la menace à peine déguisée du Haut Vénérable.
- Bientôt un nouveau cycle va survenir; avec lui, les jours de froid, de neige : ainsi ont parlé‚ les Oracles. Je propose que nous organisions la Joute de la Quine* afin de donner du courage dans toute la vallée.
A cette annonce, les visages s'éclairèrent laissant le masque de leur fardeau quotidien dans l'oubli - pour un temps du moins.
- Qu'il en soit ainsi, acheva le Haut Vénérable.
Chod mordillait le bouts de ses doigts. Nerveusement. L'idée de la Joute de la Quine l'ulcérait. Il ne comprenait pas la décision du Haut Vénérable, alors que les disparitions continuaient. Déjà l'on voyait des chaumières abandonnées par les hommes devenus seuls. L'exode était bien là.
Etrange comme les hommes se fragilisent lorsque leur environnement se dégrade, s'étonna le Métayer, je ne sais même plus si j'ai envie de vivre, de me battre. Après tout, Frel a peut-être raison dans ses mises en garde. La soumission est plus facile que le combat. Pire, elle est plus séduisante.
Chod se prit la tête entre les mains : mais qu'est-ce qui m'arrive? Merde, après tout je n'ai plus rien à perdre! Qui me pleurera? Personne! Pas même Odal avec ses soucis...
Chod se remit à errer dans les ruelles du Village d'Esparros, où les eaux croupies dégageaient une forte odeur de pourriture. Il voyait les Guetteurs perchés dans leur tour du guet, attendant les oiseaux providentiels qui viendraient agrémenter leur maigre repas. La survie du village dépendait de leur adresse : à chaque lancer manqué, le jeûne se dessinait un peu plus pour certains.
La Joute de la Quine viendrait comme un rayon de soleil dans un enfer bien réel. Chaque famille puiserait dans ses trésors, son garde-manger et donnerait à la communauté‚ l'occasion de s'approprier une, voire plusieurs offrandes. Pour Chod, le choix serait facile : il n'avait plus rien. Il avait déjà tout donné. Son ami Odal lui apportait le minimum vital et il s'en contentait, même s'il détestait cette situation d’assisté. Mourir est une chose, se laisser mourir en est une autre. Le Métayer croisa cinq villageois en train de s'échiner à déblayer une ruelle.
- Salut Chod! Tu viens nous prêter main-forte?
Son ventre lui faisait cruellement mal; le soir ne tarderait pas et il n'avait pas avalé la moindre nourriture de la journée. Plutôt que de donner un refus en prétextant une histoire imaginaire, il préféra enfoncer sa tête dans son vêtement et baisser les yeux. Son attitude les laissa perplexes et ils reprirent leur pénible labeur une fois la silhouette évanouie dans l’obscurité.
Il arrivait dans la ruelle de la chaumière d'Odal et Idrane. La bâtisse était dans un état acceptable pour le village : son toit résistait à l'effondrement et les murs décrépis ne recelaient pas de trous ou de brèches fatales. Il y avait une grande cour avec une remise à bois sur la gauche. Une faible lueur brillait à l'intérieur. Chod franchit le seuil de la demeure et frappa trois coups secs sur la porte d’entrée. Idrane lui ouvrit :
Comme elle a vieilli, se dit-il.
- Chod? Par les cornes de l’Isard, que fais-tu ici à cette heure? Rien de grave?
- Non, non, rassura le Fermier, juste envie de rendre visite à ceux qui me donne la becquée!
Idrane étouffa un rire. Mais elle ne savait pas si Chod plaisantait; son irascibilité devenait une légende dans la Vallée.
- Entre, je t'en prie, finit-elle par dire.
A l'intérieur Chod fut assailli par la douce chaleur de la cheminée. Il frissonna.
- Je ne veux pas vous déranger, je peux revenir, s'inquiéta le Métayer.
- Ne dis jamais cela idiot. Cependant, si c'est Odal que tu voulais voir, il est parti au village de l'Ane Mezan pour trouver du bois de construction.
- Pour ici? demanda Chod.
- Non, pour la Demeure du Passage. Nous allons construire une nouvelle aire de sommeil.
- Vous avez des clients?
- Bientôt. Cela parait incroyable mais nous considérons que c'est un don du ciel!
- Un don empoisonné!
- Pourquoi dis-tu cela, Chod? Ce sont des gens riches avec des chariotes itinérantes*; en plus ils sont du Comté! Il n'y a pas de souci à se faire.
- Y aura-t-il des femmes?
- Chod! Enfin! Ton esprit s'égare!
- Tu m'as mal compris, Idrane. Je te demande cela sans arrière pensée. As-tu imaginé ce qui se passerait si une ou plusieurs de ces femmes venaient à disparaître, comme les nôtres?
La vieille femme écarquilla les yeux :
- N..non? Heu...Je crois...Je ne sais pas en fait. Pourquoi y aurait-il un risque?
- Cette malédiction ne touche peut-être pas que nos femmes et nos filles, mais la gente féminine en général ?
- Comment pourrions-nous le savoir, Chod? Nous ne sommes que de pauvres fermiers. Tout ceci se passe au niveau des dieux.
Chod secoua la tête :
- Si des femmes de l'extérieur venaient à disparaître, nous aurions tout le Royaume sur le dos. Des Protecteurs viendraient ici pour trouver le ou les coupables. Et ils en trouveraient.
- Mais qui? s'interrogea le femme d'Odal.
- Nous ! hurla le Métayer.
- Nous? Mais c'est absurde! s'écria Idrane.
- Plus absurde que d'invoquer les Forces du Mal, pour expliquer la disparition de nos femmes et filles? Allons, quel Protecteur croira une telle histoire? Non, tu sais, notre vie de miséreux, sans le sous, peut nous pousser à des actes de pillage, de vandalisme sur des étrangers richissimes. Et cela ils le croiront bien volontiers crois-moi.
Idrane s'effondra dans son fauteuil et sanglota :
- Pourquoi nous?! Pourquoi notre vallée? C'est injuste. Les Dieux nous ont donc abandonnés!
Des dieux de Mouscaille, pensa Chod. Des allégories populaires pour fertiliser l'ignorance des simples gens. Et tu en fais partie ma pauvre Idrane, tout comme ton pauvre Odal, et le reste du village.
A cet instant, la porte du vestibule s'ouvrit et Odal apparut, le visage couvert de sueur.
- Chod, vieux Bock, comment vas?
- Tu as accepté que des étrangers viennent dans notre vallée?
Odal regarda sa femme, l'air inquiet :
- Qu'est-ce que vous avez tous les deux? Idrane, que lui as-tu dit?
- Rien que la vérité, Odal, rien de plus. Mais...
- Mais j'ai dit, poursuivit Chod, que cela créerait un danger pour notre survie à tous.
Odal s'épongea le front avec un morceau de tissu déchiré et rejoignit les deux autres près du feu. Son voyage l'avait frigorifié.
- Ils ont de l'argent, lança Odal.
- Et des femmes! répondit aussi sec Chod.
Le Métayer fronça les sourcils :
- Quoi des femmes? Où veux-tu en arriver?
- As-tu déjà oubli‚ que nos femmes et nos filles disparaissent? Veux-tu assumer l'ire de tout un royaume?
- Tu as entendu le Haut Vénérable comme moi. Il y aura une Joute de la Quine : ce sera l'occasion de leur soutirer encore plus d'argent. J’ai réfléchi : on pourrait ainsi prendre les services d'un Délogeur Patenté* et crois-moi, il retrouverait nos disparues!
- Engage plutôt un Fossoyeur!
- Chod! vociféra Idrane. Ne dis pas cela !
- Il vaut mieux que je parte, dit Chod.
- Non, il n'en est pas question, répliqua la femme, tu restes manger avec nous et tu dormiras ici. Et ne t'avises pas de me faire l'affront de refuser!
Chod se tut. Il n'avait plus la force , plus le goût de discuter.
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