La Demeure du Passage : Acte 1 scène 1
Qui osera défier les Dieux? Qui menacera l'Homme de perdre sa seule ignorance? Lui-même?...
Paroles du sage Vorg - non datées.
- Les Dieux n'existent pas. Ils ne sont que la résultante de notre ignorance face aux choses du Monde. Des larves, des larves offertes au culte de fantômes, de farfadets. Voila ce que nous sommes Odal!
- Qu'est-ce-qui te prend? Es-tu fou? Pourquoi parjures-tu ainsi? Si Frel t'entendait...
- Au diable, Frel et ses acolytes! Ma tendre et douce Emona est partie depuis une éternité et mes question restent sans réponse.
- Chod, ton âme se pervertit, s'horrifia Odal.
Les deux Hommes, vêtus humblement comme tous les métayers de la Vallée des Baronnies, étaient adossés au tronc de sapins séculaires. Une lumière peu accueillante dominait la région tandis que les nuages porteurs de leur liquide précieux tardaient à disparaître des cieux.
Un vent froid emmêlait la tignasse des deux Travailleurs de la Terre. Brusquement, Odal se leva :
- Merde Chod! Si tu crois que notre vie est plus enviable que la tienne, tu te trompes! Notre Groupe souffre, pleure, mais se serre les coudes, alors je ...
- Ouvre les yeux ! coupa son compagnon de labeur. Crois-tu que nous fassions le poids face à cette fatalité‚ qui nous ronge?! Nous devenons le jouet de forces maléfiques! Des pantins! Incapables de réagir, de lutter ne serait-ce que pour notre survie.
Chod tourna son regard, montra du doigt le fond de la Vallée :
- Observe, observe bien Odal. Vois-tu une raison d’espérer, de continuer à vivre comme nous le faisons ? Notre Royaume se fige dans les tourments, notre bétail maigrit, il meurt de faim car on ne peut le nourrir avec de la glace. La vie laisse sa place sans concession : c'est pire que la mort car il n'y a même plus de but, plus de combat à livrer! Et la Demeure du Passage, ton oeuvre, ta vie, vois comme elle est désespérément vide, personne pour honorer sa chaleur d’antan. Nos verbes ne connaissent plus que le passé, le présent nous écorche la voix et le futur n’est plus qu’un souvenir stérile. Quel voyageur voudrait se perdre dans cet enfer de verglas?
Des larmes coulèrent sur les joues du fermier, fixant l'horizon, l'esprit perdu dans ses pensées funestes.
- Résistons et nous vivrons, chuchota Odal.
- Comment résister quand ta propre chair n'est plus là? Comment vivre si nous perdons nos femmes et nos filles?
Paroles du sage Vorg - non datées.
- Les Dieux n'existent pas. Ils ne sont que la résultante de notre ignorance face aux choses du Monde. Des larves, des larves offertes au culte de fantômes, de farfadets. Voila ce que nous sommes Odal!
- Qu'est-ce-qui te prend? Es-tu fou? Pourquoi parjures-tu ainsi? Si Frel t'entendait...
- Au diable, Frel et ses acolytes! Ma tendre et douce Emona est partie depuis une éternité et mes question restent sans réponse.
- Chod, ton âme se pervertit, s'horrifia Odal.
Les deux Hommes, vêtus humblement comme tous les métayers de la Vallée des Baronnies, étaient adossés au tronc de sapins séculaires. Une lumière peu accueillante dominait la région tandis que les nuages porteurs de leur liquide précieux tardaient à disparaître des cieux.
Un vent froid emmêlait la tignasse des deux Travailleurs de la Terre. Brusquement, Odal se leva :
- Merde Chod! Si tu crois que notre vie est plus enviable que la tienne, tu te trompes! Notre Groupe souffre, pleure, mais se serre les coudes, alors je ...
- Ouvre les yeux ! coupa son compagnon de labeur. Crois-tu que nous fassions le poids face à cette fatalité‚ qui nous ronge?! Nous devenons le jouet de forces maléfiques! Des pantins! Incapables de réagir, de lutter ne serait-ce que pour notre survie.
Chod tourna son regard, montra du doigt le fond de la Vallée :
- Observe, observe bien Odal. Vois-tu une raison d’espérer, de continuer à vivre comme nous le faisons ? Notre Royaume se fige dans les tourments, notre bétail maigrit, il meurt de faim car on ne peut le nourrir avec de la glace. La vie laisse sa place sans concession : c'est pire que la mort car il n'y a même plus de but, plus de combat à livrer! Et la Demeure du Passage, ton oeuvre, ta vie, vois comme elle est désespérément vide, personne pour honorer sa chaleur d’antan. Nos verbes ne connaissent plus que le passé, le présent nous écorche la voix et le futur n’est plus qu’un souvenir stérile. Quel voyageur voudrait se perdre dans cet enfer de verglas?
Des larmes coulèrent sur les joues du fermier, fixant l'horizon, l'esprit perdu dans ses pensées funestes.
- Résistons et nous vivrons, chuchota Odal.
- Comment résister quand ta propre chair n'est plus là? Comment vivre si nous perdons nos femmes et nos filles?
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